NUIT BLANCHE 2006 à Paris

J’ai rencontré Aurore au resto-bar l’Envol, quelques minutes exactement après ma mésaventure avec le chien errant. À ce moment-là, c’était aussi mes retrouvailles avec Laurent. En effet, celui-ci a été le coloc de mon père quand j’avais 17 ans, appartement que nous partagions aussi avec l’autre colocataire… l’incomparable Michel Brulé. Le contexte environnemental de cet appartement était vraiment particulier :

  • Moi, 17 ans, en pleine crise d’adolescence, j’étais à quelques mois de quitter le logement paternel.
  • Michel, 28 ans, ambitieux et débrouillard, il distribuait, à ce moment dans les bars, son premier livre Le Manifeste des Intouchables à 5$ l’exemplaire. On connaît la suite de cette démarche.
  • Laurent, 37 ans, tous juste débarqué de France, de nature joviale et fêtard invétéré, il était le seul des quatre satisfait dans la situation.
  • Mon père, 44 ans, au plus bas de sa dépression… toujours imbibé d’alcool à râler sur tout.

Quatre hommes, chacun séparé de son cadet par une dizaine d’années, un appartement byzantin dans l’est du Plateau, un environnement social inusité… un cocktail original. D’ailleurs, Michel s’en est inspiré pour fixer le décor de son deuxième livre Fond de semaine. Il va sans dire… il ne vous sera pas très difficile de relier les personnages de l’histoire avec ceux réels qui les ont inspirés. En me remémorant cette «amusante» œuvre d’anthologie du Plateau Mont-Royal, ce chapitre de ma vie, je constate que le temps a bien défilé depuis… les derniers cheveux blancs de Laurent me confirmant ici une marque tangible du passage des années. Mais à part ce détail, Laurent n’a pas changé : toujours sans le sou à me rassasier les mêmes histoires nébuleuses à propos de ses entreprises artistiques… à croire qu’il est encore dans Fond de semaine. Ce qui m’amène à penser aux autres personnages du livre en question… que sont-ils devenus maintenant, 15 ans plus tard ? Mon père a stagné dans ce logement qu’il occupe encore et n’a jamais remis en question ses conditions de vie : en fait, rien n’a changé pour lui si ce n’est le vide qu’il a créé autour de sa personne. Michel, lui, a fait fortune dans le domaine de l’édition, il est devenu millionnaire, à édité les pensées d’une centaine d’intellectuels, à vécu mille et une aventures aux quatre coins de la planète… mais il est demeuré célibataire. Et moi, hé bien, je me retrouve à Paris, à l’Envol, toujours dans l’élan de mon élection à Montréal… en train de penser à mon ancienne vie. Décidément, je partais de loin.
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avenue Robert-Bourassa
(Un article diffusé sur le site web Vigile)

Le boulevard Saint-Joseph est l’axe le plus large Est-Ouest traversant le Plateau Mont-Royal à Montréal. Sincèrement, si les noms de rues portant le préfixe « saint » me laisse indifférent, je trouve totalement subversive l’idée de donner le nom de Robert Bourassa à l’une des rues du Plateau. En effet, cristalliser la mémoire de l’ancien premier ministre libéral au sein même du quartier de Montréal qui a définitivement rejeté celui-ci lors de l’élection historique du PQ en 1976, c’est un déni de l’histoire qui ne peut être poussé que par des forces fédéralistes. Ainsi, cette idée, logiquement politique, se veut quelque part la revanche ultime de l’entourage de feu Robert Bourassa pour réorienter subtilement l’identité du Plateau Mont-Royal. Voici donc l’occasion de se rafraîchir la mémoire.
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La Buvette à l'Hôtel de Ville de Paris

Quelques temps après la journée initiale de mon stage, je relirai Delanoë en son royaume, (souvent à La Buvette). Dans cette deuxième lecture, les divers noms mentionnés (la première fois classifiés par des X dans les dossiers de mon cerveau) deviennent tranquillement des personnages que j’arrive à identifier dans les couloirs. Or, cette deuxième lecture sera d’autant plus palpitante… je me sens presque moi-même dans l’histoire.
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Hé oui, par la présente, je vous annonce avoir pour projet la rédaction d’un livre qui relatera mon cheminement politique. Ayant souvent été un témoin privilégié des frasques politiques dans mon quartier, voire ayant moi-même été des fois un acteur principal, l’originalité de l’œuvre consistera particulièrement en une narration détaillée des dernières investitures péquistes dans le comté de Mercier. En effet, je crois détenir des informations privilégiées qui méritent d’être exposées à la mémoire collective. Ce sera donc une petite histoire politique du Plateau Mont-Royal; histoire évidemment, qui sera subjective par mes réflexions parsemées.
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