Je souffre d’un mal singulier; en effet, mon humeur personnelle est très liée à celle du climat politique. Pour une partie de mon entourage, je suis ainsi bizarre de me laisser affecter par le contexte environnemental. Effectivement, à les écouter, je devrais faire comme tout le monde et simplement m’occuper de ma petite personne (travailler, consommer, me divertir… et surtout fermer ma grande gueule). Puis, quand je leur évoque notre responsabilité démocratique de s’impliquer pour l’avenir, on me répond alors que personne ne peut rien changer à rien… bref, qu’il vaut mieux se déresponsabiliser en se maintenant «heureux», la tête dans le sable. Paradoxalement, dans notre démocratie actuelle, ce sont justement ceux qui rejettent leur responsabilité politique qui auront à décider de notre avenir collectif. Or, parce qu’une bonne partie des autruches voteront pour ce qu’il pense être la stabilité de leur confort, ces gens-là sont en train de donner le contrôle de notre société aux lobbys derrière le Parti conservateur. Alors, voyez-vous, je souffre aussi de la stupidité ambiante.
voir ici l’excellent nouveau clip (totalement politique) de Madonna.
Puis, lorsque je lis le journal La Presse, ma souffrance se transforme carrément en dépression sociale. En effet, je vous avouerai être particulièrement atteint par l’insidieuse propagande de Power Corporation (La Presse), surtout celle qu’elle génère en période électorale. Mais le pire, ce n’est pas tant de constater les rouages de cette machine de guerre néolibérale, mais bien de réaliser que le commun des mortels croit dur comme fer en son objectivité. A titre d’exemple, dans mon entourage immédiat, il est bon ton de me qualifier de paranoïaque lorsque j’affirme que ce journal est un média fédéraliste, que ce dernier sert politiquement à fabriquer des opinions plutôt que d’informer objectivement.
Alors, vous comprendrez pourquoi il devient pour moi nécessaire d’aller me réfugier dans la blogosphère. Et comment dire, intellectuellement, je me sens finalement plus proche des blogueurs et notre lectorat que d’une grosse partie de mon entourage physique. Dans la petite bulle de mon blogue, je sais que certaines personnes partagent mes perceptions… ainsi, je me sens un peu plus compris.
Mais dans le fond des choses, bien que j’essaye de changer le monde à ma modeste façon… écrire ne s’avérerait-il pas aussi une forme d’échappatoire. En effet, ne suis-je pas moi-même une sorte d’autruche en rejetant la réalité sociale qui s’impose graduellement à l’extérieur de ma chambre ?
Quand il faut voler, l’autruche dit : « Je suis chameau ». Quand il faut porter un fardeau, elle dit : « Je suis oiseau »











le 22 septembre 2008 à 9:41
[...] l’utilisation par Power Corporation de son groupe de presse Gesca (et des « journalistes » qui y travaillent) pour manipuler et désinformer la [...]