le 1 juin 2009 188 visionnements
Politique municipale, Projet Montréal, [lettre d'opinion]

Louise Harel

Chère Madame Harel,

Nous sommes des sympathisants présents ou passés du Parti Québécois. Nous sommes donc de celles et ceux qui vous admirent pour votre contribution non seulement à notre famille politique mais au Québec en général. Nous pensons que la réorganisation municipale que vous avez introduite en 2000 et qui a si bien servi de nombreuses villes du Québec tout en assurant une plus grande équité fiscale et sociale, aurait également bien réussi à Montréal.

Hélas, à Montréal ça n’a pas marché! La culture politique municipale, si largement dominée ici par les caciques et les potentats locaux, a fini par avoir le dessus sur la réforme, avec la complicité du gouvernement Charest.  Les suites sont connues de tous : démembrement, désorganisation, érosion de la qualité des services, stagnation politique et finalement corruption et trafic d’influence.

Votre diagnostic est juste, Montréal est devenu dysfonctionnel, sa gouvernance est malade et son administration a perdu toute crédibilité. Sur votre blogue vous avez particulièrement raison de dire que « cela durera le temps qu’une majorité de Montréalais et de Montréalaises décideront qu’ils en ont assez …En démocratie, la mobilisation des citoyens et des citoyennes finit toujours par l’emporter. »

Alors nous vous écrivons  pour vous dire que les Montréalais en ont assez de l’administration Tremblay-Zampino. Ils en ont assez « des problèmes de gouvernance qui affaiblissent la seule grande ville de classe mondiale sur laquelle le Québec et la nation québécoise peuvent compter.»

Les Montréalais en ont assez de voir leur ville subir un mode de gestion politique qui lui est toujours imposé par des notables puissants, souvent issus de l’aristocratie politique du Québec, qui arrivent au pouvoir en court-circuitant la participation populaire. Ces notables qui préfèrent ignorer que la démocratie urbaine moderne passe nécessairement par la construction  patiente, par la base, d’un projet enraciné dans la communauté, d’un programme politique fondé sur la participation citoyenne. Une démocratie qui ne peut se résumer dans les qualités d’une personne, aussi exceptionnelle et admirable soit-elle.

Car à défaut d’une telle démocratie, Montréal ne sera jamais à l’abri d’un autre Zampino. Celui-ci n’a pu prendre le contrôle du pouvoir municipal que parce que Tremblay s’est imposé sur la scène électorale montréalaise par le haut, tablant sur sa notoriété et en  faisant fi d’abord, puis en cannibalisant le RCM. Le résultat immédiat d’un tel procédé fut la démobilisation des citoyens qui prenaient part à la démocratie municipale de base, car à quoi bon s’impliquer et bâtir démocratiquement des projets, si du jour au lendemain, un notable politique peut débarquer dans l’arène et faire table rase des fruits de tant d’efforts.

C’est donc en tout respect et avec toute l’affection que nous vous devons que nous nous adressons à vous, madame Harel.  Que vous vous présentiez à la mairie peut séduire à première vue. Mais à la réflexion, votre candidature viendrait encore une fois entretenir l’idée qu’à Montréal tout se passe par le haut, par-dessus la tête du travail patient de centaines de citoyennes et de citoyens qui ont durement rebâti la confiance dans l’avenir de Montréal.

Ce travail patient s’appelle Projet Montréal. Ses membres se sont mobilisés depuis plus de quatre ans pour relever le défi de faire de  Montréal « la seule grande ville de classe mondiale sur laquelle le Québec et la nation québécoise peuvent compter» – si nous pouvons emprunter vos propres mots. Nous sommes de cette équipée. De ces citoyennes et citoyens qui veulent relever le défi de la participation, de l’enracinement communautaire, de la justice sociale et fiscale en ville et de la diversité comme source de richesse de la collectivité. Nous voulons relever le défi d’une métropole résolument verte qui innove et propulse le Québec.

Madame Harel, vous avez eu la maîtrise d’œuvre de la réforme en 2000.  Nous vous écrivons pour vous inviter à faire ce qui pourrait le plus servir la cohérence de votre action passée : appuyer Projet Montréal pour aider à l’enracinement de la démocratie municipale. Sans cet enracinement démocratique,  Montréal sera encore condamné à répéter les erreurs du passé : la gouvernance par le haut, qui est une maladie de la gouvernance.

Montréal, le 1er juin 2009

Carl Boileau

Patrick Cigana

Guillaume Cloutier

Christian Dupuy

Pierre-Alexandre Hurtubise

Gyslain Pelletier


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5 réponses à l'article “Lettre ouverte à Louise Harel”

  1. Louis PréfontaineNo Gravatar dit:

    Personnellement, le plus loin Harel se tient de Montréal, le mieux ce sera pour Montréal. Elle fait partie du problème, pas de la solution. Je ne voterais pas pour celle qui a imposé les fusions forcées et je vous garantis que beaucoup, à Anjou, Montréal-Est et ailleurs, se rappellent d’elle et la détestent autant qu’au premier jour pour avoir détruit la ville.

  2. Léonard LangloisNo Gravatar dit:

    À l’époque des fusions municipales, j’étais trop jeune pour voter mais étant de St-Laurent, je dirais que Vision Montréal avec Louise Harel à sa tête court à sa perte dans ce qui était les anciennes municipalités qui ont été incorporées à Montréal.
    L’idée de la fusion municipale en théorie n’était pas une mauvaise idée car elle implique une redistribution de la richesse de la périphérie vers le centre qui a toujours été moins nanti, mais en pratique l’île de Montréal est une mosaïque qui est et sera toujours très difficile à unir…
    Si Projet Montréal ose s’allier avec elle (il semblait y avoir une ouverture mais elle s’est refermée), je n’irais tout simplement pas voter aux élections municipales – je n’ai pas plus envie de cautionner Gérald Tremblay. Sinon Projet Montréal aura mon appui entier.

    Léonard Langlois| lire ici le dernier article de son blogue: No Country For English People

  3. Simeon_MNo Gravatar dit:

    Si elle perd, c’est qu’elle est déjà tombée dans le piège de Gérald Tremblay; de ne pas comparaitre les compétences (qui est moins compétent que lui), mais la famille politique (PLQ est plus fort que PQ à Montréal).

  4. EnkiduNo Gravatar dit:

    Salut Carl!

    Je ne visitais qu’épisodiquement ton site, mais toujours avec intérêt. bravo pour l’implication politique, et merci de me faire découvrir votre parti. J’espère que vous vous trouvez dans d’autres arrondissements!

    Pour Harel, c’est bien vrai qu’elle représente une autre politicienne qui pense que toutes les décisions doivent être prise par un nombre très restreint de personnes… http://radicarl.net/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif

    Enkidu| lire ici le dernier article de son blogue: Encore des élections?

  5. Carl BoileauNo Gravatar dit:

    Merci Enkidu pour ces beaux mots. Je suis heureux de t’avoir fait découvrir une alternative au deux partis institutionnels. :mrgreen:

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