Simple Tags pour WordPress… simplement génial La conception du progrès selon Mario Dumont

Le PDU du Plateau Mont-Royal

Depuis 2005, mon engagement politique aura complètement changé d’axe. En effet, les paliers fédéraux/provinciaux étant vraisemblablement cadenassés à l’intérêt citoyen, désabusé par la démission de nos «élites» politiques, j’investis dorénavant mes énergies militantes au niveau municipal. En définitive, je trouve très concret de travailler au changement (nécessaire) de notre société en commençant par notre environnement immédiat. Puis, à l’heure du réchauffement planétaire, au moment où mon quartier est submergé par l’activité automobile, il s’avère finalement opportun de résoudre le problème à sa source.

Or, tant qu’à réduire en ville l’espace alloué à la voiture, pourquoi ne pas justement réaménager l’espace urbain en élaborant un environnement centré sur l’être humain et sa société… de surcroit, en intégrant notre évolution dans une logique de développement durable. Ces préceptes sont à la base de Projet Montréal, mon parti municipal. Puis, notre programme culminant avec la mise en place d’un réseau de Tramway dans notre métropole (et le modèle de développement qui s’ensuit), nous insufflons aussi une réflexion globale sur la relation entre la circulation et nos conditions de vie.

Ainsi, en considérant la ville comme un milieu de vie (plutôt qu’un machinal réseau pour faire passer des voitures), il s’avère judicieux d’élaborer un plan (de déplacement urbain) pour octroyer une influence citoyenne sur l’évolution de notre environnement. De la sorte, en balisant adéquatement la circulation dans notre territoire, le PDU structurera (physiquement) l’utilisation de notre espace collectif. Car aujourd’hui malheureusement, à l’heure de la démission sociale et du laissé faire néolibéral, l’espace urbain n’appartient plus aux citoyens… mais bien aux forces aveugles du marché. Si bien qu’un PDU élaboré sous la pression des forces citoyennes est aussi l’occasion de redonner une prise politique à la population. Dans le Plateau, soyons donc assurés que les questions reliées à la circulation seront certainement le champ de bataille principale sur lequel se jouera la prochaine élection municipale (fin 2009).

La Maison d’Aurore

Pour se convaincre de l’engouement populaire que suscite le PDU dans le Plateau, il suffit d’assister à l’une des consultations organisées par La Maison d’Aurore (un centre de regroupement et d’action communautaire dans le Plateau) à ce sujet. En effet, depuis quelques années, il s’avère que le comité circulation de cette dernière est fort actif afin de promouvoir l’apaisement de la circulation dans le quartier.

zone 30

Affiche de la campagne de promotionnelle “Zone 30″ du comité en question

Cependant, à partir de cette revendication initiale, à la veille du dépôt du PDU présenté par les élus municipaux de l’arrondissement (le 21 mai prochain), ces grandes réunions citoyennes servent aussi de plate-forme à l’élaboration de nos solutions. De la sorte, les trois dernières consultations du «PDU CITOYEN» du Comité Circulation du Plateau Mont-Royal ont permis de fixer des principes/objectifs afin de réduire la circulation ; d’autant plus que la démarche est très stimulante pour les citoyens qui créent des liens entre eux.

PDU alternatif de la maison d'aurore

Les intersections du Plateau sont les plus dangereuses
Circulation: le Plateau dénoncé pour sa lenteur

Ainsi, mon voisinage attend avec impatience le PDU que présentera l’arrondissement; concrètement, comprendre les moyens politiques qu’entreprendront les élus afin d’apaiser la circulation. Mais, pour y arriver, puisque nous ne comptons pas vraiment sur le potentiel de «nos» élus du parti Union-Montréal, la vigilance reste de mise. Aussi sympathique à nos idées que puisse le prétendre la ribambelle de la mairesse Fotopulos, il faut concevoir aussi que son parti entreprend parallèlement la transformation de la rue Notre-Dame en autoroute.

la Ne vous fiez pas aux apparences verte de ce projet, malgré l’emphase sur le mot “boulevard”, la rue Notre-Dame aura bel et bien le débit d’un autoroute (le montage ci-dessus est une composition de Pierre-Alain Cotnoir)

Or, ce projet, combiné à la construction d’un pont reliant l’autoroute 25 entre Montréal et Laval, s’inscrit dans un vaste plan afin d’accroitre le débit autoroutier dans l’ile de Montréal. Il va sans dire, d’autant plus que le Plateau est un quartier géographiquement situé au centre de la métropole, ces projets s’inscrivent dans l’accélération de notre problème plutôt que dans son solutionnement. Alors, malgré l’engagement national pour le protocole de Kyoto, malgré l’apparition du smog au dessus de Montréal, malgré l’incessante croissance du parc automobile à Montréal… He bien, le parti du maire Tremblay (ou plutôt les forces néolibérales triant les ficelles en haut) oriente les fonds publics vers l’infrastructure autoroutière. En effet, observez bien à la prochaine élection municipale, les partis Union Montréal et Vision Montréal concentreront leur débat sur les nids de poules, les espaces de stationnement, les viaducs dangereux et les infrastructures vieillissantes. Alors que nous à Projet Montréal, nous voulons parler de santé publique, de démocratie, de logement social, de réaménagement urbain et de transport en commun.

Le maire Tremblay est un écolo
Le maire Tremblay est un écolo

Formellement, les partis traditionnaux ont des comptes à rendre aux lobbys qui les investissent; dont évidemment ceux de l’automobile et du pétrole. Or, ces derniers tentent constamment d’orienter l’argent de nos taxes dans les infrastructures relié à leurs intérêts (l’automobile… le «choix» de société qui concrétise inexorablement l’individualisme et la surconsommation). Si bien qu’en quelque sorte, les piétons montréalais en arrivent ainsi à payer pour la réparation des nids de poules sur l’île de Montréal. Et dire ici que ces mêmes trous sont générés par l’achalandage (à la hausse) de la circulation automobile, de surcroit en général, par des automobilistes en transit ne payant même pas de taxes à Montréal. Bref, pour l’instant politiquement, nous pouvons considérer que le Plateau n’appartient pas aux résidents qui y vivent, mais bien aux automobiles traversant son territoire. En opposition, Projet Montréal voudrait redonner le niveau municipal au réel intérêt des citoyens.

De notre côté, dans le Plateau donc, étant d’entrer dans la zone la plus densément peuplée au Canada (16000h. au km carré), l’incessante croissance de l’activité automobile dégrade inexorablement nos conditions de vie. Bien sûr, physiquement, il y a d’emblée la compétition élémentaire pour l’espace. Mais surtout, la croissance de l’activité automobile est pour nous synonyme d’une hausse de pollution, de bruit, de stress urbain et d’accidents. Et puisque la situation s’aggrave inexorablement, puisque les solutions existent, il n’est pas étonnant qu’il y ait toujours plus de citoyens pour se mobiliser. Une preuve, ici, étant dans la performance électorale de Projet Montréal à la dernière élection municipale (2005). Effectivement, en récoltant près de 9% des voix à la mairie de la ville, faisant élire son chef dans le district DeLorimier, arrivant deuxième à tous les autres postes dans le Plateau, Projet Montréal appose une pression politique sur l’administration Tremblay.

Évidemment, fort du mouvement populaire que nous avons amorcé dans notre quartier, il ne faudra pas s’étonner que nos adversaires politiques récupèrent nos idées afin de prendre le contrôle temporel de leur mise en place. Le meilleur exemple étant ici, la prochaine présentation d’un PDU spécifique à notre quartier par le conseiller Michel Labrecque (Mile-End).

Ce dernier, ancien patron de Vélo-Québec et du CRE, est un sympathisant écologiste, à quand même le mérite d’avoir amorcé le développement d’un PDU pour le Plateau. Cependant, bien je pense qu’il était de bonne foi dans sa volonté de pousser un modèle de déplacement urbain alternatif à la voiture, force est de constater qu’à mi-mandat, Michel Labrecque n’a toujours pas rendu la marchandise. Englué dans la logique électoraliste de son parti, il était déjà équivoque que ce dernier ralentisse la mise en place du PDU jusqu’à la fin de son mandat; mais en lisant le document préparatoire du PDU-Plateau, nous constatons malheureusement que Michel Labrecque à carrément échoué à concrétiser notre vision. En effet, il est d’un cynisme déplorable que l’orientation du PDU vise plutôt à accroître la capacité de transit de certaines artères et rues dites «artères» ou «collectrices» ?!?

«L’arrondissement utilise ces appellations (artères et collectrices), que l’on doit au Ministère des Transports du Québec (MTQ), pour nous annoncer que non seulement rien ne sera fait pour apaiser la circulation, mais que davantage de véhicules circuleront sur les rues en cause… là où résident 40% des citoyens du Plateau: c’est inacceptable!»
- Richard Bergeron

Bref, nous pouvons penser que les fonctionnaires de la ville (eux-mêmes manipulé par et des «cadres» obscurs d’Union Montréal) auront imposé au conseiller de Mile-End la rédaction finale du PDU. Ainsi, comme je m’en doutais, Michel «Vélo» Labreque aura servi de caution morale. Parions qu’il ne se représentera pas à la prochaine élection… cette coquille vide qu’est l’actuel PDU-Plateau est certainement son testament politique.

Encore une fois, voilà qui établit les limites de la récupération politique. Voilà un exemple démontrant que la simple volonté d’un politicien est faible s’il n’est pas dans la bonne structure politique. Voilà qui illustre la réelle marge de manœuvre politique de l’actuel lobby écologiste œuvrant dans l’administration Tremblay. Voilà qui prouve la nécessité de faire élire des conseillers de Projet Montréal à la prochaine élection. Que le maire Tremblay se le tienne pour dit avec son Tramway de papier, la population finira bien par reconnaitre les politiciens à leurs actes plutôt qu’à leurs paroles. Et nous, à Projet Montréal, puisque notre financement ne provient que de contributions citoyennes, notre lobby c’est justement l’intérêt citoyen.

De la parole aux actions

Dans un premier le temps, une administration Projet Montréal dans le Plateau prendrait toutes les mesures nécessaires afin de réduire la vitesse de circulation dans nos rues. Puis, tant qu’à réaménager l’espace urbain, Projet Montréal pousserait le développement des ruelles vertes, des quartiers verts en «zone 30», du réseau cycliste et de la piétonnisation de l’avenue du Mont Royal. Cependant, peu importe les mesures que nous entreprendrons localement dans le Plateau, le réel problème étant l’accroissement de la circulation de transit dans nos rues «artérielles», la solution globale se retrouve dans l’amélioration du service de transport en commun. Si bien que nous amorcerons la discussion nationale à ce sujet.

Or à l’heure du néolibéralisme triomphant, à l’heure ou le Québec n’a plus de projets de société, à l’heure ou la démocratie est devenue une mascarade, l’élection de Projet Montréal pourrait être une bouffée de fraicheur dans la réflexion collective du Québec. Nous le savons, le Plateau Mont-Royal demeure (pour l’instant) un terreau fertile aux nouvelles idées. De la sorte, en élisant des conseillers de Projet Montréal en 2009, mon quartier pourrait insuffler un modèle de société alternatif. Or, si le tramway de Montréal est un cheval de bataille afin de relancer les priorités sociales dans la politique québécoise, le PDU du Plateau est le bélier derrière lequel se mobilisent présentement les citoyens de mon quartier.

Une société intelligente, c’est-à-dire consciente de ses conditions de vie et responsable face à l’avenir, se doit de prendre en main les reines de sa destinée. Malheureusement, logique de marché libre oblige, l’air du temps est politiquement au laissé allé.

american way of life
De toute façon, le prix du pétrole explose déjà. Qu’attendons-nous donc pour agir ?

Cependant, puisque nous sommes toujours dans un système démocratique, c’est finalement les électeurs qui choisiront la suite des choses… c’est-à-dire l’environnement politique qui engendrera notre manière de vivre en ville. En 2009 à Montréal donc, j’espère que les Montréalais feront le bon choix, j’espère que nous réussirons notre test d’intelligence collective. D’ici là, de notre côté à Projet Montréal, nous préparons nos troupes afin de nous donner les meilleures chances de réussite. Et vous, ferez-vous partie de nos conditions gagnantes ?

Lire en complément, mon ancien discours comme coordonnateur de Projet Montréal dans le Plateau (2005-2006)

À la première élection, tu parles de construire un pont.
À l’autre d’après, tu le promets.
Puis au troisième mandat, tu finis par le construire.

- propos attribués à Maurice Duplessis

MOTS-CLEFS:

articles connexes dans radicarl.net (calculé automatiquement à partir des mots-clefs)

laisser un commentaire

This site is using OpenAvatar based on