punaise des lits

À la jonction de mes deux passions principales (entomologie et politique), voici une question que j’ai posée au dernier conseil d’arrondissement du Plateau Mont-Royal.

Effectivement, fort d’un entretien avec un spécialiste en gestion parasitaire, il m’apparaissait nécessaire de promouvoir son protocole d’action au conseil. Car l’actuelle réglementation municipale empêche une lutte efficace à la propagation des punaises. Concrètement, les exterminateurs, propriétaires et locataires ne sont pas tenus de révéler la présence de punaises dans un logement… conséquemment, la Ville de Montréal n’a pas la vision du champ de bataille en cours.

Attendrons-nous que la situation soit hors de contrôle avant de prendre nos responsabilités politiques ?

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Alerte aux punaises: une réglementation inefficace
Publié le 17 février 2009 à 23h41 | Mis à jour le 18 février 2009 à 07h38
Par Judith Lachapelle

Il y cinq ans, personne n’en parlait. Aujourd’hui, les punaises de lit prolifèrent à un rythme exponentiel dans la métropole. Que faire pour enrayer l’épidémie? La Ville devrait prendre ses responsabilités, estime un spécialiste.

La réglementation municipale actuelle empêche une lutte efficace à la propagation des punaises dans toute la ville, estime un spécialiste. En obligeant exterminateurs, propriétaires et locataires à révéler la présence de punaises dans un logement, la Ville pourrait agir promptement pour limiter l’infestation de ces bestioles nocturnes.

Harold Leavey, spécialiste en gestion parasitaire, constate que les punaises ne cessent de gagner de nouveaux logis à Montréal. «Actuellement, on a une augmentation de l’ordre de 600 % par année. Mais bientôt, dans certains secteurs, ce sera 2000% par année!»

Éradiquer complètement les punaises de la ville est utopique, dit l’homme qui est à la tête des Entreprises Maheu Extermination et qui travaille avec la Direction de la santé publique (DSP) et l’Office municipal d’habitation. Mais une stratégie concertée permettrait de contrôler l’infestation. Les inspecteurs en salubrité, dit le spécialiste, ignorent où des opérations d’exterminations sont menées. Ils ne peuvent donc s’assurer de leur efficacité, notamment en vérifiant que tout l’immeuble est inspecté. «Quand il y a des punaises, ce n’est pas un logement qui est touché, c’est tout un immeuble.»

Les punaises de lit ne transmettent pas de maladies et leur présence ne doit pas être obligatoirement indiquée aux autorités de la santé publique. Leurs piqûres sont généralement bénignes, même si dans certains cas graves, elles peuvent causer des problèmes dermatologiques et des réactions allergiques. Mais surtout, les dommages collatéraux sont nombreux: honte, culpabilité, perte du sommeil, isolement.

La plupart des gens interviendront rapidement pour exterminer les insectes. Mais d’autres, particulièrement ceux qui souffrent de problèmes de santé mentale, laisseront l’infestation atteindre des niveaux catastrophiques. Lorsque rien n’est fait, la population peut passer d’une punaise à plus de 30 000 en six mois…

Et les punaises ne se nourrissent pas seulement du sang de leurs hôtes : elles profitent aussi de leur silence. Des locataires se taisent par peur d’être tenus responsables de leur présence, des propriétaires ignorent le problème ou le traitent superficiellement, et la Ville et ses arrondissements n’ont qu’une vague idée de l’ampleur de l’infestation.

Résultat ? Personne n’est à l’abri. À l’hôpital ou à l’hôtel, au cinéma ou chez le dentiste, à la garderie ou à l’école, en autobus ou dans le taxi, le risque de rapporter des punaises chez soi existe partout, à divers degrés. «On n’a pas honte d’avoir attrapé un rhume, mais on a honte d’avoir des punaises», a lancé hier M. Leavey lors d’une formation d’intervenants en santé publique.

Des blattes aux punaises

Dans la lutte aux punaises, il vaut mieux prendre ses responsabilités que de chercher un responsable, disent les experts. Tant la DSP que la Ville et que la Régie du logement insistent pour que le locataire avertisse rapidement son propriétaire, que celui-ci fasse rapidement venir un exterminateur, et que ce dernier prenne les bons moyens pour éliminer les punaises. Malheureusement, constate M. Leavey, beaucoup de locataires honteux se taisent et beaucoup de propriétaires négligents renvoient la balle au locataire en lui disant que c’est son problème.

Dans les années 80, raconte M. Leavey, la Ville de Montréal avait décidé de s’attaquer sérieusement à la prolifération de blattes (coquerelles) et de rats. Les exterminateurs étaient tenus d’envoyer aux inspecteurs en salubrité une copie du rapport d’intervention qu’ils avaient mené dans une résidence. Les inspecteurs s’assuraient ainsi que non seulement le logement atteint avait été nettoyé, mais que tous les voisins avaient été visités. L’opération avait porté fruits : l’infestation a été contrôlée.
Mais depuis que les arrondissements sont chargés d’appliquer le règlement sur la salubrité, cette obligation d’informer les inspecteurs est tombée, déplore M. Leavey. «Les inspecteurs n’ont plus le temps, dit-il. On nous a même demandé d’arrêter de leur envoyer des rapports parce qu’ils sont débordés.» Il se dit découragé des autorités municipales. «Ça fait des années qu’on essaie de passer le message et ça ne passe pas.»

Mais le vent vient peut-être de tourner. Norman King, épidémiologiste à la Direction de la santé publique, confirme que l’amélioration de la réglementation municipale sera étudiée conjointement avec des représentants de la Ville et de l’Office municipal d’habitation. «Y a-t-il des choses à faire de ce côté ? Ce sont des questions qu’on se posera à court terme.»
Pendant ce temps, des formations sont données à des intervenants (infirmières à domicile, travailleurs sociaux, inspecteurs en salubrité) appelés à se rendre dans des logements potentiellement infestés. Et il faut aller plus loin, plaide M. Leavey : tous les hôpitaux, les CLSC, les centres qui hébergent les sans-abri, les résidences pour personnes âgées, doivent avoir un protocole pour prévenir la présence de punaises.

Lors de la formation, Harold Leavey a rapporté le cas d’un hôpital qui s’était rendu compte qu’un patient, qui avait séjourné dans plusieurs chambres, avait transporté des punaises de chez lui. Comme il n’existe pas de protocole de traçabilité des équipements, l’hôpital n’était pas en mesure de savoir quel lit, quelle civière, quel fauteuil roulant le patient avait utilisés. Sans parler de l’ambulance qui l’avait transporté…
*****
Comment détecter les punaises ?
Au début de l’infestation, les punaises de lit sont difficile à détecter, puisqu’elles se cachent pendant plusieurs jours entre chaque piqûre. Quelques piqûres sur la peau (semblables à celles des moustiques) accompagnées de démangeaison sont toutefois des indices de leur présence. Leurs excréments sont aussi faciles à repérer: de petits points noirs sur les coutures du matelas ou du sofa. Les punaises sont finalement visibles à l’oeil nu: ce sont des insectes brunâtres dont la taille moyenne est de quatre millimètres. Il est fréquent de retrouver dans le lit leur peau morte en période de mue et des petites taches de sang causées par les piqûres.

Sources: Ville de Montréal et Harold Leavey

Comment les prévenir?
Éviter d’acheter des matelas et des meubles d’occasion rembourrés, puisqu’ils peuvent abriter des punaises.
Inspecter les autres meubles d’occasion, en accordant une attention particulière aux fissures. Avant de les introduire dans un logement, les frotter avec de l’eau savonneuse ou un produit nettoyant.

Éviter de ramasser les objets trouvés à l’extérieur. «?Parfois, les gens les jettent uniquement parce qu’ils sont infestés de punaises!» souligne le technicien Khalid Ezzerki.
Laver les vêtements d’occasion avec de l’eau très chaude avant de les ranger.
Passer régulièrement l’aspirateur dans la maison.
En voyage, utiliser une valise à support qu’on accrochera dans le garde-robe, plutôt que de mettre les vêtements dans les tiroirs ou sur le lit.
Sources:Ville de Montréal et Harold Leavey

Hyperliens référencés

  1. Référence n°1
    http://www.youtube.com/watch?v=RErUKqS6iT0
  2. Référence n°2
    http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/national/200902/17/01-828400-alerte-aux-punaises-une-reglementation-inefficace.php

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9 réponses à l'article “Invasion de la punaise des lits à Montréal… la Ville a t’elle un plan pour réagir?”

  1. ApollineRNo Gravatar dit:

    J’ai vu la vidéo. C’est affligeant de voir que rien n’est fait contre ces sales bêtes.

    ApollineR| lire ici le dernier article de son blogue: Manger bio à Montréal : où s’approvisionner

  2. Richard OlivierNo Gravatar dit:

    La réponse de l’arrondissement vous rassure?

  3. ApollineRNo Gravatar dit:

    Pas du tout

    ApollineR| lire ici le dernier article de son blogue: Bagels

  4. Carl BoileauNo Gravatar dit:

    C’est toujours un avantage social d’être activement impliqué dans un parti politique lorsque ce dernier compose son programme électorale. ;)

    Alors, suite au problème en question, voici donc l’engagement 2.14 du programme de Projet Montréal 2009 :

    Améliorer l’inspection municipale
    Augmenter le nombre d’inspecteurs municipaux en établissant un plancher par
    arrondissement au prorata du parc de logements. De plus, conférer plus de pouvoirs à ces inspecteurs municipaux en leur permettant de prendre des mesures exécutoires de restauration de la salubrité et de l’habitabilité, y compris le pouvoir d’ordonner les travaux nécessaires et de les faire exécuter dans un délai raisonnable, aux frais du propriétaire. Aussi, élaborer un protocole d’action pour contrer l’insalubrité des logements, notamment en cas d’infestations parasitaires.

    NB. Vous trouverez ici le programme de Projet Montréal

  5. Carl BoileauNo Gravatar dit:

    Déménagements: attention aux punaises
    Carole le Hirez
    Article mis en ligne le 30 juin 2009 à 14:39

    La période des déménagements, autour du 1er juillet, est propice à la propagation de la punaise de lit. La plus grande prudence s’impose donc face aux matelas et aux meubles qui se promènent d’un logement à l’autre ou qui se retrouvent sur les trottoirs.
    Cet insecte nuisible est toujours grandement présent sur le territoire montréalais. Il se retrouve généralement autour du lit, dans les coutures de matelas et sur les meubles et il peut se propager très facilement d’un logement à l’autre.

    «Le problème des punaises de lit, déjà préoccupant à Montréal, va être multiplié par deux ou par trois à la suite des déménagements», soutient Harold Leavey, spécialiste en gestion parasitaire. «Les personnes qui déménagent les amènent avec elles, et ceux qui arrivent dans des logements déjà infestés vont les attraper.»

    Dans le mois et demi qui suit chaque période de déménagement, M. Leavey, qui exploite l’entreprise d’extermination Maheu, constate une recrudescence importante du problème. Si elle n’est pas réellement dangereuse pour la santé, la punaise de lit provoque, par ses piqûres, de fortes démangeaisons.

    Le simple fait de déménager multiplie les risques de contamination. À commencer par les camions des déménageurs, qui, s’ils ne sont pas soigneusement nettoyés entre chaque voyage, contribuent à transmettre l’infection.

    Les amis qui donnent un coup de main pour transporter les meubles peuvent aussi se retrouver contaminés si leurs vêtements entrent en contact avec des meubles infectés. Le fait de simplement déposer les meubles dans un passage durant un déménagement peut suffire à propager le parasite au reste de l’immeuble.

    Une des règles de base pour éviter d’inviter l’intrus chez soi est de se garder de récupérer les matelas, les fauteuils et les meubles de chambre laissés sur le trottoir, car ils peuvent facilement héberger des punaises de lit.

    Lors de l’inspection d’un nouveau logement, M Leavey conseille d’inspecter minutieusement les fissures, les fentes et les moulures des chambres. Passer la balayeuse partout avant de rentrer des meubles permet également de limiter les risques.

    Lorsque l’on quitte un logement infesté, il faut faire preuve de civisme et tout mettre en Å“uvre pour régler le problème avant de déménager. Si le logement est infesté, il faut faire appel à un expert de la gestion parasitaire, car tenter d’éliminer soi-même les punaises de lit relève de la mission impossible.

    Si la présence du parasite a été établie, il faut nettoyer vêtements, rideaux et literie à la machine à laver et placer le tout dans un sac de plastique hermétique pour le transport. Si on décide de laisser notre vieux matelas derrière nous sur le trottoir, il faut le rendre inutilisable, par exemple en le déchirant ou l’enduisant de peinture.

    Selon le spécialiste, seule la déclaration obligatoire des cas d’infestation constatés pourrait permettre d’enrayer la progression de la punaise à Montréal. Une solution que la Ville de Montréal ne s’est pas encore décidée à adopter. En attendant, le mal gagne du terrain.

    Sur le territoire du Plateau, le secteur près du métro Laurier, à la hauteur de St-Denis et Gilford, est particulièrement infesté en raison de la présence de grands immeubles à logements. La zone comprise entre St-Laurent, St-Hubert, Mont-Royal et St-Joseph présente également un problème majeur, selon l’expert, ainsi que le secteur Fullum et Marianne.

  6. Alain LauzonNo Gravatar dit:

    :?: ma fille vien tout juste d eménagé sur la rue dezery a mtl le 1er juillet, ce matin elle s’est réveiller avec plein de piqure sur les bras et les jambes son conjoint même chose et en plus elle est enceinte de 4 mois que faire????

  7. Carl BoileauNo Gravatar dit:

    Pour éradiquer une infestation de punaises dans un domicile, il vous faut trouver l’aide de professionnels. Évidemment, je vous conseillerai ici de faire appels aux spécialistes des entreprises Maheu à Montréal :
    http://www.maison-maheu.com/magasin/index.htm ;)

    Avant que les punaises se propagent à son bloc au complet, c’est d’ailleurs dans la responsabilité de son propriétaires d’agir rapidement.

    En attendant, si les punaises ne sont pas déjà cachées dans sa base de lit, elle peut toujours mettre de la vaseline autour des pattes de son lit. Voire, de rajouter une zone de protection avec de la terre diatomée (deux solutions écologiques pour minimiser leurs désagréments, mais pas assez efficaces pour s’en débarrasser au complet).

    Bonne chance dans cette épreuve.

  8. saraNo Gravatar dit:

    svp cela fait deux mois que jai des picures sur les bras et les janbes surtout sur les pieds ; au debut sest des taches rouges qui laissent place a une picure visible, jai pas compris tous de suite que sest les punaises , le medecin ne ma pas aidé pour autant ;il me donner des pommades , presque un mois je croyer que j avais la gale, apres jai quitte mon appartement pour une semaine et jai plus rien eu, sest la que jai compris que setait dans lappartement , on a parler avec le proprio , comme dhabitude ;vous ete s respenssable ; donc il ramene son propre exterminateur et sest nous qui devons payer , mais tous ca ca fait rien lessentielle sest que je mem debarrasse , avec l exterminateur on en a trouver une caché deriere la table de nuit, mais qu ant il a quitté , je continue toujours a sentire des picures , des taches rouges ,mais je vois rien , sauf des petits poins noires , par contre mon mari ne sest jamais fait piqué , ni mon bébé , ma grande fille sest fait piqué la premiere mais juste une fois , est sest tous , mais moi ca narette pas , je suis fatigué , honteuse , parano tous
    en plus l exterminateur me dit avec la poudre qu il a mit sur tous les bord ils vont sortires et mourires, et ca prend entre une a trois semaines , esque sest vrai ,en plus jai de la moquétte rapé dans les piéces que je ne supporte d hailleur plus , si quelqu un pourrait me donner des conseils , merci

  9. Carl BoileauNo Gravatar dit:

    Bonjour Sara,

    Vous décrivez très bien l’enfer, trop méconnu par les autorités politiques, occasionné par ces parasites.

    D’entrée, vous avez manifestement encore des punaises dans votre logement. Pour avoir moi-même été exterminateur professionnel, je peux malheureusement vous affirmer que les punaises ayant survécu à votre premier traitement risquent de se propager à nouveau.

    D’autre part, pour des raisons encore méconnues par les entomologistes, il s’avère en effet que certaines personnes attirent plus les punaises que d’autres.

    Par ailleurs, cet insecte ayant la faculté de pouvoir se cacher formidablement dans le moindre interstice, les Å“ufs des punaises pouvant résister aux pesticides, le traitement peut donc s’avérer long et laborieux en préparatif. C’est pour cela que vous devez bien effectuer les préparatifs (fortement) suggérés par votre professionnel en extermination.

    De la sorte, le délai entre les deux traitements est nécessaire pour tuer les nymphes ayant éclot après le premier traitement. La poudre (qui devrait être dans les murs) est un pesticide d’appoint (pyréthrine) secondant normalement un poison liquide. La poudre sert davantage à empêcher les punaises de traverser d’une pièce à l’autre.

    Je compte bientôt élaborer la mise en Å“uvre d’une nouvelle politique pour la lutte efficace aux punaises des lits à Montréal.

    Entre temps, n’hésitez pas à me donner de vos nouvelles concernant votre problème

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