
L’émeute d’hier soir à Montréal-Nord résultant de la mort du jeune Freddy Villanueva met en relief un malaise beaucoup plus grand qu’une simple escarmouche entre policiers et jeunes immigrants d’un milieu défavorisé. Je ne m’étendrai pas en longueur sur la teneur du sujet, sujet étant très bien exposé présentement sur le blogue de Louis. Toutefois, l’attention générale étant donc canalisée sur cet événement, je pense qu’il est l’occasion de trouver des solutions à certains problèmes érodant actuellement les fondations de notre société. À cet effet, je félicite justement Louis pour avoir formulé les forces responsables de cette situation :
“En quelque sorte, à mes yeux ce qu’on a vu hier soir est la conséquence directe de deux phénomènes: le multiethnisme de Trudeau qui favorise la ghettoïsation des immigrants et le désengagement de l’État qui réduit notre capacité collective d’intégration de la même façon”.
Mais à l’heure de la perte des repères collectifs, qui est vraiment conscient des causes ayant amené à pareille situation ?
Le citoyen lambda ira de quelques pointes xénophobes en associant le crime organisé à la communauté noire dans son ensemble. Les racistes primaires diront que les noirs sont intrinsèquement des sauvages ne recherchant qu’à parasiter les ressources de leur société d’accueil. Les tenants de la droite ne rechercheront aucune solution et en appelleront à davantage de répression policière. Quelques porte-paroles de Montréal-Nord accuseront sommairement le rôle de la police (plutôt que celui des gangs de rues). Les tenants de l’extrême gauche et de l’anarchisme dénonceront binairement la «brutalité» des méchants policiers. Puis les Québécois d’origine haïtienne, incompris, se retrancheront davantage sur eux-mêmes… toujours plus à la merci du petit crime organisé sévissant dans leur environnement.
Mais faut-il s’étonner de pareil marasme quand les valeurs dominantes du système sont l’individualisme triomphant et la glorification de la richesse matérielle ? Effectivement, comment voulez-vous que des jeunes défavorisés respectent les règles de notre société et sa représentation policière quand ces derniers rêvent de gloire criminelle, fasciné par les armes en s’abreuvant à des 50 cents et quelques jeux vidéo genre Vice City. Voyez-vous, les héros modernes ne sont plus des idéalistes en quête de justice, de partage et d’évolution, mais bien les richissimes représentants corrompus de « notre » système socio-économique décadent. Finalement, ces enfants du système sont bien plus adaptés à l’ère du temps que vous et moi avec notre sens civique et nos dimensions sociales/nationales/écologiques/démocratiques/collectives.

Quand les criminels exhibent socialement leur pathétique parure en signe de « consécration sociale », faut-il vraiment s’étonner que ces derniers servent de modèle aux esprits primaires (c’est-à-dire sans dimension collective). Maintenant, demandez-vous dont à quel point la présence des Hummers, (littéralement des tanks urbains) à Montréal conditionne présentement les valeurs de références d’une jeunesse aliéné.

Cette maladie culturelle est en autre transmise par désir mimétique via la musique étasunienne; quelquefois même, directement vers la jeunesse sur les ondes de Musique Plus. C’est tellement cool le gangta rap, tellement plus vendeur (de pubs) que la musique pacifique de chez nous.
Et maintenant, il faut rapidement intervenir politiquement afin d’éviter l’exemple des cités en France et des ghettos aux États-Unis. Tout en éliminant définitivement le potentiel de nuisance des gangs de rues, il est impératif de se doter d’une politique sociale d’intégration et d’investir dans les services sociaux. En ce sens, l’intelligentsia des Québécois d’origine haïtienne est de mise afin d’arriver à cet objectif. Il est temps de s’occuper réellement des problèmes de cette communauté. Joachim Alcim, un modèle d’intégration, de probité et de réussite s’il en est un, devrait d’ailleurs y jouer un rôle prépondérant.

Ais-je vraiment besoin de vous présenter notre champion boxeur ?
À nous tous, maintenant, de travailler à l’évolution de Montréal… voire, à l’avenir du Québec en entier. Plus que jamais, il devrait s’imposer le rêve d’un Québec solidaire et fort de sa diversité… ce projet de société s’exprimant au monde par ce nouveau pays tant nécessaire.
C’est l’histoire d’une société qui tombe et qui au fur et à mesure de sa chute se répète sans cesse pour se rassurer : « Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien…
- Extrait du film La Haine


















le 12 août 2008 à 12:42
[...] l’immigration, revalorisation de la nation et de la fierté d’être Québécois, etc. Radicarl propose de se servir de modèles de réussite, comme Joachim Alcine, pour mieux intégrer ces [...]